Il y a des recettes qui semblent simples mais qui, mal exécutées, déçoivent à chaque fois. La pizza margherita en fait partie. Pas besoin de dix garnitures ni d’une technique complexe : ici, tout repose sur la qualité des produits et le respect de quelques gestes essentiels. Une pâte fine qui gonfle sur les bords, une sauce tomate goûteuse, une mozzarella bien égouttée, du basilic en quantité généreuse et un filet d’huile d’olive à la sortie du four. C’est tout. Et c’est précisément ce minimalisme qui rend cette pizza si difficile à rater… quand on sait quoi faire.
- ⏱️ Temps de préparation : 15 minutes
- 🔥 Temps de cuisson : 10 à 16 minutes selon le four
- 🍕 Nombre de portions : 2 grandes pizzas (environ 30 cm) ou 4 petites pizzas fines
Ingrédients
Pour la pâte (2 options)
Option 1 – Version rapide :
- 1 pâte à pizza ronde et fine prête à l’emploi (type pâte fine du commerce)
Option 2 – Pâte maison :
- 350 g de farine T45
- 20 cl d’eau tiède
- 10 g de levure fraîche
- 10 g de sel
Pour la sauce tomate
- 200 g de tomates pelées en boîte (ou 6 c. à soupe de pulpe de tomates)
- 150 g de tomates cerises
- 2 gousses d’ail
- 1 oignon jaune
- 1 c. à soupe de vinaigre balsamique
- Huile d’olive
- Sel, poivre, origan séché
- Quelques feuilles de basilic frais
Pour la garniture
- 250 g de mozzarella di Bufala (ou une belle boule de mozzarella classique)
- Basilic frais en quantité généreuse
- Un filet d’huile d’olive de qualité (idéalement bio, pressée à froid)
- Sel, poivre
Optionnel :
- Un peu de parmesan râpé
- Semoule de blé dur (à saupoudrer sous la pâte pour une base plus croustillante)
Préparation
Étape 1 – La pâte maison (si vous choisissez l’option maison)
La pâte maison demande du temps, mais elle change radicalement le résultat. Voici comment procéder :
Divisez les 20 cl d’eau tiède en deux bols. Dans le premier, émiettez la levure fraîche, mélangez et laissez reposer 10 minutes jusqu’à ce que la levure mousse légèrement. Dans le second, dissolvez le sel dans l’eau.
Dans un grand saladier, versez la farine, ajoutez l’eau salée et mélangez grossièrement. Incorporez ensuite l’eau à la levure, puis pétrissez l’ensemble pendant environ 10 minutes à la main, jusqu’à obtenir une pâte lisse, souple et légèrement élastique.
Couvrez le saladier avec un torchon propre et laissez lever 2 heures dans un endroit chaud. La pâte doit doubler de volume. Dégazez-la ensuite en appuyant dessus avec le poing, formez deux boules égales, posez-les sur un plan fariné, couvrez-les à nouveau et laissez lever 6 heures supplémentaires à température ambiante. Ce long temps de pousse développe les arômes et donne cette légèreté caractéristique à la pâte napolitaine.
💡 Astuce : Si vous manquez de temps, une bonne pâte du commerce (fine et ronde) donne un très bon résultat. L’essentiel reste la sauce, la mozzarella et la cuisson.
Étape 2 – La sauce tomate
Une sauce tomate bien faite, c’est la moitié du travail. Hors saison, oubliez les tomates fraîches fades : les tomates pelées en boîte sont bien meilleures.
Dans une marmite, faites chauffer un filet d’huile d’olive à feu moyen. Ajoutez quelques feuilles de basilic, laissez-les infuser 1 minute, puis ajoutez l’oignon émincé avec une pincée de sel. Faites-le fondre doucement pendant 5 à 7 minutes jusqu’à ce qu’il soit translucide et légèrement doré.
Versez la cuillère de vinaigre balsamique, laissez réduire 30 secondes, puis ajoutez les tomates pelées. Écrasez-les à la fourchette directement dans la marmite, laissez compoter 10 minutes à feu doux, puis mixez le tout en coulis lisse. Ajoutez les tomates cerises coupées en deux, assaisonnez avec sel, poivre et origan séché, et laissez mijoter encore 20 minutes à feu très doux. Laissez refroidir avant d’étaler sur la pâte.
💡 Version express : Mélangez simplement 6 c. à soupe de pulpe de tomates avec une gousse d’ail hachée, du sel et du poivre. C’est rapide, efficace, et franchement bon.
Étape 3 – Préparer la mozzarella
C’est l’étape que l’on néglige souvent, et pourtant elle est déterminante. Une mozzarella qui n’est pas égouttée va rendre de l’eau à la cuisson et détremper entièrement votre pizza.
Tranchez la mozzarella en rondelles d’environ 5 mm, posez-les à plat sur du papier absorbant et laissez reposer au moins 10 minutes. Retournez-les à mi-temps pour bien absorber l’excédent d’eau des deux côtés. Vous pouvez aussi la déchirer à la main en morceaux irréguliers : cela donne un rendu plus rustique et très authentique.
Étape 4 – La cuisson
Préchauffez votre four à 240°C, en laissant la plaque du four à l’intérieur pendant le préchauffage. Ce détail change tout : une plaque très chaude saisit directement le dessous de la pâte et lui donne cette base croustillante que l’on aime.
Pendant ce temps, étalez chaque pâton sur une feuille de papier sulfurisé jusqu’à obtenir un disque d’environ 30 cm. Saupoudrez légèrement de semoule de blé dur sous la pâte (c’est optionnel, mais ça aide à la texture). Laissez une bordure libre d’environ 3 cm tout autour : c’est là que les bords vont gonfler et dorer joliment.
Étalez la sauce tomate en partant du centre, en mouvements circulaires. Disposez la mozzarella égouttée, ajoutez quelques feuilles de basilic, un peu de parmesan si vous le souhaitez, et un filet d’huile d’olive.
Glissez la pizza sur la plaque chaude (avec le papier sulfurisé) et enfournez pour 8 à 10 minutes maximum. Le repère visuel est simple : les bords doivent être gonflés et dorés, le fromage fondu et légèrement coloré par endroits.
💡 Si vous avez une pierre de cuisson : préchauffez-la au four ou au barbecue à puissance maximale pendant 30 minutes minimum. La cuisson sera encore plus rapide (6 à 8 minutes) et le résultat encore plus proche d’un four à bois.
Étape 5 – La finition
À la sortie du four, c’est là que tout se joue. Ajoutez généreusement des feuilles de basilic frais (ne soyez pas radin), un filet d’huile d’olive de qualité, une pincée d’origan séché et éventuellement un tour de moulin à poivre. Dégustez immédiatement.

Quelle est la différence entre une pizza napolitaine et une pizza margherita ?
La confusion est fréquente, et pourtant la réponse est simple : la margherita est une pizza napolitaine, dans le sens où elle est née à Naples et respecte les codes de la tradition napolitaine. Mais toutes les pizzas napolitaines ne sont pas des margheritas.
| Pizza napolitaine | Pizza margherita | |
| Origine | Naples, Italie | Naples, 1889 |
| Définition | Style de pizza (pâte, cuisson, techniques) | Recette précise avec des garnitures définies |
| Garnitures | Variables (marinara, margherita, etc.) | Tomate, mozzarella, basilic, huile d’olive |
| Pâte | Fine au centre, gonflée sur les bords | Idem |
| Cuisson | Four à bois, très haute température | Idem idéalement |
La pizza napolitaine désigne avant tout un style de fabrication : une pâte travaillée à la main, fine au centre et avec de beaux bords gonflés (appelés cornicione), cuite à très haute température dans un four à bois. C’est un savoir-faire reconnu, d’ailleurs inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2017.
La pizza margherita, elle, est une recette précise qui s’inscrit dans ce style napolitain. La légende raconte qu’elle fut créée en 1889 par le pizzaïolo Raffaele Esposito pour honorer la reine Marguerite de Savoie. Il aurait choisi le rouge de la tomate, le blanc de la mozzarella et le vert du basilic pour rappeler les couleurs du drapeau italien. Qu’on y croie ou non, cette pizza est depuis devenue le symbole de la cuisine italienne dans le monde entier.
En résumé : quand vous faites une margherita dans les règles de l’art, vous faites aussi une pizza napolitaine. Mais une napolitaine peut très bien être une marinara (sans fromage, avec tomate, ail, origan et huile d’olive) ou une autre variante traditionnelle.